À propos
Né à Porto-Novo, au Bénin, sous l’impulsion du Père Godfrey Nzamujo, le Centre Songhaï est devenu une référence africaine en agroécologie, en formation entrepreneuriale et en développement local. Son modèle relie la terre, l’élevage, la pisciculture, la transformation, l’énergie et le commerce dans un système intégré où les déchets d’une activité deviennent les ressources d’une autre.
L’histoire de Songhaï commence dans les années 1980, à une période où l’Afrique est trop souvent racontée à travers la sécheresse, la famine, l’exode rural et la dépendance alimentaire. Le Père Godfrey Nzamujo, prêtre dominicain et scientifique formé en électronique, microbiologie et sciences du développement, choisit alors de revenir sur le continent avec une conviction forte : l’Afrique possède les ressources humaines, naturelles et culturelles nécessaires pour produire son avenir.
En octobre 1985, il fonde le Centre Songhaï à Porto-Novo avec un groupe d’Africains et d’amis de l’Afrique. Le nom Songhaï renvoie à l’un des grands empires ouest-africains, symbole de créativité, d’organisation, d’échanges et de puissance productive. Le projet démarre modestement, puis devient progressivement un centre de formation, de production, de recherche appliquée et d’innovation.
La mission du Centre est de former des femmes et des hommes capables de créer des activités agricoles rentables, écologiques et socialement utiles. Songhaï ne sépare pas l’apprentissage de la pratique : les apprenants expérimentent la culture, l’élevage, la pisciculture, la transformation agroalimentaire, la maintenance, la commercialisation et la gestion. L’objectif est de faire naître des entrepreneurs ruraux autonomes, capables de valoriser les ressources locales et de contribuer à la sécurité alimentaire.
La vision de Songhaï est celle d’une Afrique productive, digne et responsable de son développement. Le Centre défend une agroécologie concrète : produire sans épuiser les sols, utiliser les ressources avec intelligence, transformer localement, créer des emplois utiles et réduire la dépendance aux modèles importés.
Les cultures, l’élevage, la pisciculture, le compostage, le biogaz et la transformation fonctionnent en synergie. Les résidus agricoles nourrissent les sols, les eaux de pisciculture irriguent les cultures, et la biomasse devient énergie ou fertilisant.
Songhaï forme à produire, réparer, transformer, vendre et gérer. L’autonomie n’est pas seulement agricole : elle est technique, économique, alimentaire et entrepreneuriale.
Le Centre veut changer le regard porté sur l’Afrique rurale. La terre n’est pas un espace de pauvreté, mais un lieu d’innovation, d’emploi, de savoir-faire et de fierté.
Le modèle s’inspire du principe « rien ne se perd, tout se transforme ». Chaque activité est pensée pour nourrir une autre activité et limiter les pertes.
L’expérience Songhaï a dépassé le cadre national béninois. Son approche intégrée a inspiré des initiatives dans plusieurs pays africains et a attiré l’attention d’institutions de développement, d’organisations internationales, d’universités, de médias et d’acteurs publics.
En 2008, Songhaï est reconnu par les Nations Unies comme Centre régional d’excellence pour l’Afrique. Cette reconnaissance confirme la valeur de son modèle : former des jeunes, soutenir l’entrepreneuriat vert, promouvoir une agriculture durable et démontrer qu’un développement rural moderne peut être africain, écologique et économiquement viable.
Le PNUD a également collaboré avec le Centre Songhaï autour de l’économie circulaire et de l’autonomisation des jeunes. En 2022, une formation régionale organisée avec le PNUD a réuni à Porto-Novo des jeunes venus de plusieurs pays afin de renforcer leurs compétences dans les secteurs innovants, durables et créateurs d’emplois.